Police municipale : la Ville de Paris n’a pas à pallier les désengagements de l’Etat
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A l’occasion d’une délibération portant sur la création d’une police municipale au Conseil de Paris, débat précipité en plein contexte électoral, Europe Ecologie-Les Verts Paris rappelle son opposition à ce projet ; tout en rappelant les propositions écologistes pour plus de tranquillité publique dans la Capitale. 

Les écologistes ont conscience des enjeux de sécurité qui se posent dans la Capitale : prégnance de la délinquance dans certains quartiers, multiplication du phénomène des rixes, aggravation des conditions de vie des riverain.es du Nord-Est du fait de la consommation de crack. 

Pour y répondre, EELV Paris mise sur la prévention plutôt que la répression : “C’est en prévenant les incivilités et la délinquance, à leur racine, par la médiation de terrain mais aussi par une politique éducative ambitieuse, l’accompagnement social et la réduction des risques que nous pourrons assurer la tranquillité publique dans la Capitale” expliquent Antoine Alibert et Emma Ayout, cosecrétaires d’EELV Paris. 

C’est pourquoi, lors des municipales de 2020, EELV Paris s’opposait à la création d’une police municipale armée, en préférant le renforcement des services de la Direction de la Prévention, de la Sécurité et de la Protection (DPSP) de la Ville par la création d’une Brigade de sécurité et de la tranquillité publique. “ Cette délibération envoie un mauvais signal en actant le désengagement de l’Etat, initié par Nicolas Sarkozy et Rachida Dati, qui ont considérablement diminué les effectifs de la police nationale et supprimé l’essentielle police de proximité ” expliquent les cosecrétaires.  

La création de cette police municipale va créer une confusion dans l’esprit des habitant.e.s entre les compétences de la police nationale centrées sur la sécurité et la lutte contre la délinquance, qui relève de la Préfecture de Police, et celle de la police municipale, administrée par la Ville de Paris. Les missions des agents de la Ville concernent la salubrité et la tranquillité de l’espace public. S’il est important d’augmenter la présence humaine dans notre Ville, afin de faire de la prévention et de la médiation vis-à-vis des incivilités routières, de propreté ou du règlement des terrasses éphémères notamment, il est inconcevable que la Ville de Paris pallie les missions de police de l’Etat dans la Capitale.

Les cosecrétaires d’EELV Paris précisent : Dans de nombreuses villes, la police municipale est amenée de manière croissante à se substituer aux missions de la police nationale – sans être formée pour – ce qui est dangereux en premier lieu pour les policier.ères”. Et de poursuivre “Une telle police demande des moyens budgétaires considérables, que la Ville n’a pas, et ce alors même que le gouvernement exclut sciemment Paris des plans de relance nationaux post covid”. 

C’est par un engagement fort de l’Etat et de la police nationale, avec un effort sur les formations, la revalorisation des carrières, des rémunérations et des conditions de travail des policier.ères que nous réglerons les sujets qui se posent à Paris. La création de salle de consommation à moindre risque pour lutter contre la spirale du crack, la fin du tout répressif pour l’usage de cannabis récréatif et sa légalisation, des forums de dialogue entre les forces de l’ordre et la jeunesse, notamment pour lutter contre les contrôles au faciès et les violences policières, et bien sûr, plus de moyens octroyés à la Justice de notre pays. 

Pour retrouver les propositions d’EELV sur le sujet : Programme national Bien vivre, Mettre l’humain au coeur de la politique de sécurité 

Antoine Alibert et Emma Ayout, cosecrétaires d’EELV Paris

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