Transfert forcé des usager∙e∙s de drogues vers la ZAC Bercy Charenton : une mesure brutale et inadmissible
EELV-Paris

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Le Groupe Écologiste de Paris et EELV Paris dénoncent la décision unilatérale et brutale de la Préfecture de Police de Paris de déplacer les usager∙e∙s de drogues depuis le square de la porte de la Villette (19e) vers un autre site à ciel ouvert sur la ZAC Bercy-Charenton (12e).

Nous dénonçons cette opération de communication du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin et du préfet de Police de Paris Didier Lallement, annoncée sans concerter ni la Ville de Paris, ni la Mairie du 12e arrondissement. Nous leur demandons de cesser de mettre en danger des vies humaines et de travailler sérieusement avec les élu∙e∙s locaux pour garantir une prise en charge médico-sociale globale des usager∙e∙s de drogues et ainsi restaurer la paix et la tranquillité dans le nord-est parisien. Les citoyennes et citoyens ne doivent pas être la variable d’ajustement de l’absence de courage et sérieux politique de notre Gouvernement.

Ce déplacement forcé de personnes en situation de grande détresse psychique, sociale et physique sur un site de la SNCF non adapté à l’accompagnement de ce public et leur enfermement de facto derrière une “clôture sécurisée”, est inacceptable et honteux.

Cette privation de liberté ne permet pas de traiter le problème du crack, ni d’apporter l’accompagnement nécessaire aux usager∙e∙s. Ce traitement inhumain, contraire à nos valeurs, exposerait par ailleurs la France à des condamnations internationales. 

“Nous condamnons l’instrumentalisation cynique et criminelle du gouvernement, qui a abandonné les riverains aux nuisances et à l’insécurité depuis des mois et refuse d’agir pour trouver des solutions pérennes. Déplacer le problème pour la troisième fois en 9 mois ne le résoudra aucunement.”, déclare Fatoumata Koné.

Les écologistes parisien∙ne∙s sont prêt∙e∙s à agir en collaboration avec l’Etat afin que des mesures efficaces et humaines soient mises en place le plus rapidement possible : dispositifs de mise à l’abri, le renforcement de la médiation, maraudes de nuit, et enfin, en commençant par les quartiers concernés, le déploiement de “haltes soin addiction” comprenant des espaces de consommation supervisée à moindres risques, telles qu’annoncées par le ministre de la santé en septembre dernier, et votées au Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour l’année 2022 (PLFSS 2022). 

Fatoumata KONÉ, Présidente du Groupe Écologiste de Pariset les élu·e·s écologistes au Conseil de Paris

Emma Azmine-Ayout et Antoine Alibert, co-responsables d’EELV Paris

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